Nous avons été témoins, lors de la célébration de la confirmation, à la Pentecôte dernière, que l’Esprit Saint, comme le vent, souffle où il veut, quand il veut et sur qui il veut, puisqu’en même temps que les jeunes, Suzanne, presque centenaire, a été confirmée (voir son témoignage, p. 14).
L’Esprit Saint, comme à son habitude, sort des cadres dans lesquels on tente de l’enfermer, à commencer par le cadre quasi immuable de la préparation aux sacrements selon lequel on est baptisé petit enfant, on fait sa première communion à l’âge de raison et, si on est motivé, on est confirmé à l’adolescence. Ce cadre est d’ailleurs tellement ancré dans nos esprits qu’on s’étonne que certains ne fassent pas les choses comme elles ont été fixées.
Ce cadre est actuellement en train de se fissurer de toutes parts. Nombreux sont ceux qui ne vivent plus les choses ainsi. De plus en plus de jeunes et d’adultes sont baptisés (plus de 21 380, en France, cette année), soit parce qu’ils ne l’ont pas été à la naissance, soit parce qu’ils n’ont pas grandi dans un milieu chrétien, de plus en plus d’adultes aussi sont confirmés. Des enfants se préparent au baptême en même temps qu’à leur première communion. Des jeunes communient pour la première fois le jour de leur confirmation.
Peu importe finalement qu’on soit baptisé petit enfant ou qu’on devienne chrétien à l’âge adulte. L’essentiel n’est pas tant de faire les choses selon un cadre que d’être cohérent avec ce que l’on a commencé à être par le baptême. C’est pour cela qu’à presque cent ans, Suzanne, comme on peut le lire dans son témoignage, a demandé à être confirmée, pour continuer, avec la force et le souffle de l’Esprit Saint, la route de sa vie.
Car c’est là que le bât blesse. On ne répétera jamais assez qu’un baptisé qui n’est pas confirmé n’est pas pleinement chrétien. La confirmation, dont le mot prête à confusion, n’a pas pour but de confirmer le baptême qu’on a reçu petit enfant, et n’est donc pas une option pour ceux qui veulent s’engager plus. La confirmation, dont le latin « confirmare » signifie consolider ou affermir, parachève le baptême. Elle approfondit et achève ce qui a commencé au baptême, si bien que sans la confirmation, qui en est comme le sceau, il manque quelque chose au baptême.
On ne peut que se réjouir, même si cela sort du cadre auquel on a été habitué, qu’un nombre croissant de personnes, jeunes ou plus âgées, prennent conscience aujourd’hui qu’elles ne sont pas allées au bout de leur itinéraire chrétien et demandent à recevoir le sacrement de la confirmation, pour que leur vie ne s’essouffle pas. C’est bien dans ce but qu’on est marqué de l’Esprit Saint, à la confirmation, pour que ce qu’on a reçu au baptême ne s’essouffle pas, mais grandisse et se déploie tout le long de notre vie, et nous embrase même, comme les apôtres, le jour de la Pentecôte.
On ne peut que tout autant se réjouir que l’Esprit Saint, comme le vent, continue à souffler où il veut, qu’il brise les cadres et ouvre les portes, pour que, disait le pape, à la Pentecôte, l’Église soit accueillante envers tous, même envers ceux qui ont fermé leurs portes à Dieu, aux autres, à l’espérance, à la joie de vivre pas seulement donc envers ceux qui entrent dans nos cadres !
Bel été à tous !